ouf,ça déménage !


Après plus de dix jours sans avoir pu mettre un pied dans notre ancien atelier,
nous avons pu prendre aujourd'hui avec soulagement tous les cartons que nous avions préparés auparavant.

Seulement après avoir rempli quelques modiques formalités de "circonstance". En effet, seule la dizaine de personnes qui avaient eu la chance d'être inscrite sur une liste pouvaient pénétrer dans les lieux sous présentation de pièces d'identités sous l’œil attentif et cordial des invités (huissiers, policiers, hommes de la sécurité, ouvriers de la cus) tous parfaits dans leurs rôles. Nous étions bien escortés.

En tout les cas, nous sommes soulagées d'avoir pu enfin commencer notre déménagement et d'avoir amené les cartons jusqu'à l'atelier du rempart où nous avons retrouvé les mêmes électriciens qui avaient travaillé d'arrache-pied dans les locaux de l'ancien centre de tri de schiltigheim.

La semaine prochaine on continue donc, après une petite escale au salon du livre indépendant de Genève au monstre festival,
ça va être monstre bien.
à bientôt.
Et encore merci à tout les déménageurs et les déménageuses, aux copains qui sont venus au dernier moment nous prêter main forte. Sans vous on y serait encore à la lampe torche....


schilick "infos"





-->


Monsieur le Maire de Schiltigheim, 

Lors de la fausse inauguration du Centre de tri, vous êtes venu saluer des gens que vous ne connaissez pas, comme vous le faites plusieurs fois par jour depuis que vous êtes entré en politique. Vous en avez profité pour vous démarquer de la CUS, en disant combien vous étiez heureux qu’elle se décide enfin à faire quelque chose de ce bâtiment. Vous avez appris ce jour que l’implantation de Papier Gâchette au centre de tri était déjà en discussion, l’objet de notre événement étant d’élargir cette mise à disposition à d’autres projets afin d’y développer une dynamique forte de partage de savoirs et de mutualisation d’outils.
Des représentants de ces différents projets ont été reçus par vos adjointes à la culture et à l’urbanisme le 6 juin 2012. Dès cette date, vous ne pouviez pas ignorer que l’imprimerie Papier Gâchette allait être relogée au Centre de Tri, et que d’importants travaux allaient être engagés. Qu’est ce qui explique alors que vous ayez attendu que ces travaux soient achevés pour vous opposer à cette installation ?
Tout le monde a rapidement compris qu’il s’agit de querelles politiques qui n’ont que peu à voir avec notre activité. Evidemment, cela est difficile à assumer, aussi avez-vous fait le choix de nous charger de tous les maux afin de vous dépêtrer de la situation que vous aviez vous-même créée. Jusqu’ici, nous n’avions pas jugé nécessaire de répondre à ces accusations grotesques. Mais ce que vous écrivez dans votre organe de propagande officielle va un peu trop loin pour que nous nous taisions d’avantage. Nous allons donc nous permettre de reprendre point par point ce que vous affirmez, afin de rétablir un peu de vérité.

1. « ma stupéfaction a donc été totale lorsque j’ai appris incidemment que la Communauté Urbaine de Strasbourg avait pour projet, sans en avertir la Ville de Schiltigheim, d’installer de nouveaux squatters rue du Chêne, dans les locaux de l’ancien centre de tri postal »
La CUS n’avait pas l’intention d’installer de nouveaux squatters rue du chêne étant donné que nous aurions été liés par un contrat de location. Par définition, une ville n'installe pas des squatters. Ils le font eux même et c'est bien ça qui froisse.
2. paragraphes 4 et 5 : En 2007, la CUS a intenté un premier procès afin d’obtenir l’expulsion des habitants du 2 route des Romains. Elle ne l’a jamais mise à exécution, une telle pub n’étant sans doute pas souhaitable dans un contexte de campagne électorale.
3. « Ce jugement est resté lettre morte et l’association Papier Gâchette a refusé d’exécuter ce jugement » En 2007, l’association Papier Gâchette n’existait pas. Elle est née en 2009.
4. Paragraphe 6 : Vous oubliez un épisode : en 2010, la CUS a été déboutée de sa demande d’expulsion, l’urgence invoquée n’étant pas justifiée, aux yeux du juge. Le délai de 5 mois a été décrété par la préfecture, suite à un vice de forme.
6. « Depuis lors cette association de squatters s’est maintenue dans les lieux 2 route des Romains au grand dam des riverains et des élus de quartier sans payer un centime de loyer et en estimant qu’il est du ressort de la collectivité de payer pour qu’elle puisse squatter »
Nous n’avons jamais pensé qu’il était du ressort de la collectivité de payer pour que nous puissions squatter. L’occupation en tant que telle ne cause ni perte, ni manque à gagner à la collectivité, étant donné que ce bâtiment était voué à rester vide jusqu’à sa démolition, 7 ans plus tard. En revanche, les frais engagés pour s'assurer que le bâtiment reste vide sont colossaux.
7. Les nombreux témoignages de voisins produits lors des procès successifs attestant que notre présence ne constitue aucun trouble à la vie du quartier ne coïncident pas du tout avec ce que vous présentez comme un « calvaire ».
8. Enfin, nous sommes d’accord avec vous sur un point : les loyers sont trop chers, et les citoyens honnêtes ont la vie de plus en plus difficile. Mais ceux qui leur rendent la vie si difficile ont tout intérêt à ce qu’ils croient que c’est à cause des squatters.

Retour sur une semaine mouvementée

--> Depuis quelques jours, les commentaires vont bon train dans les journaux, sur internet, dans la rue, etc. Nombreux sont ceux qui récupèrent l'événement auquel nous sommes confrontées pour régler leurs comptes. Depuis le début, nous refusons de prendre part à la polémique sur le gâchis du Centre de Tri, car nous savons pertinemment que cette histoire ne nous concerne qu'indirectement. Nous sommes otages de conflits entre politiciens qui ne nous touchent pas, tant qu'ils ne remettent pas en cause le bien fondé de notre activité.
L'expulsion du 2 route des Romains nous a particulièrement affectées. Aujourd'hui, nous avons une lettre de Roland Ries qui nous garantit que le relogement de l'atelier sera mené a bien. Il ne s'agit pas d'une faveur. Alors que nous en étions au stade de projet, nous avons rencontré de nombreux élus, techniciens et conseillers municipaux. Nous ne demandions pas de subvention, simplement un espace où travailler. Nous aurions pu passer des mois à jouer à ce jeu-là, à enchaîner les rendez-vous et les réunions jusqu'à ce qu'on s'épuise, comme bon nombre de projets.
Nous nous sommes alors installées au 2 route des Romains, une occupation sans droit ni titre, certes, mais qui offrait une réelle solution au manque de répondant des institutions. Nous y avions trouvé un abri pour développer notre activité, mais surtout, l'état d'esprit qui animait cette maison s'accordait parfaitement avec nos désirs de fonctionnement : partage de savoirs, ouverture, disponibilité.
En 3 ans, nous avons publié 8 livres, multiplié les interventions avec de nombreux partenaires, et mené des projets avec plusieurs associations. Le vaste soutien dont nous avons bénéficié lors de précédentes menaces d'expulsion a sans doute favorisé le fait que la CUS accepte l'idée de reloger l'imprimerie. Nous ne voulons pas être une exception. Nous souhaitons que tous les bâtiments vacants permettent à toutes sortes d'initiatives d'exister.